Lac Bowker
   

 

 

Libellules et demoiselles
Araignées semi-aquatiques
Cercope des prés
Casside dorée
Papillon tigré
Chrysops et taons
Luciole
Mouches noires

Chroniques - Entomologie


Qui est Gilles Brillon?
Gilles Brillon a toujours été un grand amoureux de la Nature et des animaux. Très jeune, il se passionne pour ces petits insectes qu'il tente d'élever en vase clos avec d'autres petites bêtes qu'il trouvait dans les champs et boisés de sa ville natale, Laprairie. Plus tard, il complète un baccalauréat et une maîtrise en entomologie à l'Université de Sherbrooke. Il est engagé à cette même université pour y enseigner la didactique des sciences de la nature à des étudiant-e-s et à des enseignant-e-s inscrit-e-s au Baccalauréat en enseignement au préscolaire et au primaire. Il a été apiculteur pendant un peu plus de dix ans. Maintenant à la retraite, il s'est installé au Lac Bowker depuis 1987.

 

Libellules et demoiselles

Les libellules et demoiselles appartiennent à un grand groupe d’insectes : les Odonates. Ils se distinguent des autres insectes par leurs deux paires d’ailes membraneuses et transparentes que traversent de nombreuses nervures. Le groupe des Odonates compte environ 400 espèces au Canada. On y distingue deux sous-groupes importants : les libellules et les demoiselles.

Les libellules sont de gros insectes aussi bien durant leur stade larvaire (2 à 3 cm) qu’elles passent dans l’eau à manger de plus petits insectes que durant leur stade adulte (3 à 4 cm) où elles continuent à bouffer d’autres insectes aériens.

Les libellules se caractérisent par leurs ailes plus larges à la base qu’à leur extrémité (Fig.1). Au repos, les ailes de la libellule sont étalées perpendiculairement à leur corps. De leur côté, les demoiselles ont des ailes légèrement plus larges à leur extrémité (Fig.2). Au repos, elles portent leurs ailes le long du corps.

Les adultes odonates passent leur vie entière près de l’eau. Ce sont d’excellents voiliers pouvant couvrir plusieurs kilomètres. Ils volent souvent accouplés, le mâle tenant la femelle derrière la tête. La femelle pond ses œufs dans la végétation aquatique ou les dépose sur l’eau. Les larves passent leur vie dans l’eau où elles chassent d’autres larves de petits insectes.

Les odonates sont d’excellents prédateurs de moustiques, moucherons et autres petits insectes. Ce sont des insectes qui ne piquent pas, mais les gros spécimens peuvent mordiller ou pincer à l’occasion.


Une libellule capturée à la mi-juin sur le Chemin Simoneau (G.B.)


Une demoiselle bleue. Souvent aperçue l’été sur et autour des embarcations.


Une femelle de Libellule lydienne capturée à la mi-juin sur le Chemin Simoneau (Photo G .Brillon)


Un mâle de Libellule lydienne avec son abdomen blanc et bleuté. (Photo G. Cardinal)

En fin de journée, il n’est pas rare de voir les Libellules chasser d’autres insectes. Combien de fois en effet, ai-je observé des dizaines de Libellules chasser les abeilles qui rentraient dans mes ruches en début de soirée.

Gilles Brillon., juillet 2010

 

Les araignées semi-aquatiques

L’aranéofaune québécoise compte au moins 600 espèces d’araignées réparties en 27 familles. Bien que celles-ci portent, en général, un nom scientifique latin, la plupart n’ont pas encore reçu de noms français. Au lac Bowker. il en existe plusieurs espèces tantôt sur les plantes herbacées, tantôt sur les arbres, les maisons, les remises, etc… La plus grande de nos espèces québecoises peut atteindre 26 mm alors que les plus petites font moins de 1 mm.

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Les araignées ne sont pas des insectes car elles possèdent 8 pattes alors que les insectes en ont 6. Ce sont des Arachnides. Elles se nourrissent de proies vivantes  (petits insectes) et jouent un rôle important dans les écosystèmes en régularisant les populations d’insectes.

Il y a plusieurs familles d’Arachnides. Nous nous attarderons sur la famille des Pisauridés qui possèdent peu de membres au Québec. Malgré cela, ce sont les plus grandes araignées du Québec. La plus grande d’entre elles est la Dolomedes tenebrosus dont le corps de la femelle atteint 26 mm. On la retrouve au Lac Bowker sous les quais, sur les roches ou la végétation riveraine. Il s’agit d’une araignée semi-aquatique considérée comme la plus grande araignée du Québec. Mais rassurez-vous, il n’y a pas d’araignées dangereuses au Québec. Elles n’attaquent jamais. Elles ont plutôt tendance à se sauver aussitôt qu’elles détectent notre présence. Mais, parfois, elles peuvent infliger des morsures cutanées douloureuses si elles se sentent en danger. Il est donc préférable de toujours manipuler les araignées avec précaution.

La Dolomède est particulièrement bien adaptée à la vie de rivage. Elle peut se déplacer sur l’eau et même poursuivre ses proies sous la surface. Elle peut également rester sous la surface de l’eau pendant une trentaine de minutes. La submersion lui semble un excellent moyen de défense pour échapper à ses ennemis.

Quand on rencontre une Dolomède, elle est généralement immobile, bien fixée sur un substrat, la tête en bas, les pattes antérieures à la surface de l’eau créant une légère vibration dans l’eau. Cette technique de chasse vise à attirer des petits poissons croyant que ces légères vibrations de l’eau révèlent  la présence d’un petit insecte à la surface de l’eau. À cause de cela, la Dolomède est souvent appelée l’Araignée pêcheuse. Son menu se compose donc d’insectes, de petits poissons et de têtards.

La Dolomedes tenebrosus habite surtout près des marécages, des étangs et des lacs. On peut aussi trouver une autre espèce sur les rives d’eau stagnante ou des cours d’eau à faible débit.  Il s’agit de la D. triton). Enfin, le Québec compte aussi une troisième espèce, la D. scriptus vivant dans les tourbières.

L’identification des araignées n’est pas toujours facile. Chez les Pisauridés, la femelle est plus grande que le mâle. Quand on dit que la Dolomède femelle mesure 26 mm, il s’agit de la longueur totale de son corps (i.e. abdomen et céphalothorax) sans tenir compte de la longueur des pattes. Pour une identification fiable, on doit examiner les pièces génitales à l’aide d’une bonne loupe. L’examen des motifs abdominaux est parfois utile pour distinguer les espèces entre elles.

 

Gilles Brillon
Juillet 2010

 

La Cercope des prés

Vous avez sans doute remarqué en mai-juin, sur différentes plantes herbacées, la présence d’un petit amas d’écume, souvent appelée « crachats de crapauds ». Cette substance protège un petit insecte de ses prédateurs. En effet, cette petite masse d’écume cache la larve de couleur souvent vert pâle ou parfois brune d’un insecte sauteur la Cercope des prés. C’est au stade larvaire que l’insecte endommage les plantes en suçant la sève de leurs feuilles et tiges. Plusieurs espèces de plantes subissent les attaques des nombreuses espèces de cercopes.

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« Crachats de crapauds » sur tige de rudbeckia et d’œillet  — Photos  Yvan Leclerc

L’adulte mesure un peu moins d’un centimètre. La femelle pond ses œufs dans la plante hôte. Lorsque la larve vient au monde, elle commence à produire une substance semblable à de la bave dont elle s’entoure. L’adulte est brun et ressemble plus ou moins à un petit crapaud d’où l’expression « crachat de crapaud » donnée à cet amas d’écume rencontré sur la végétation. Les cercopes se servent de leurs deux paires de pattes antérieures pour marcher. La troisième paire, généralement repliée sous  le corps, sert à sauter au moment de leur envol. Si la puce peut faire des sauts de 34 cm, la cercope, quant à elle, peut s’élever à plus de 70 cm!

Afin d’observer plus attentivement le contenu du « crachat de crapaud » vous pouvez souffler dessus afin de chasser l’écume pour mieux la découvrir. Certains préfèrent utiliser une brindille de végétaux rigide pour tasser l’écume d’un côté ou de l’autre. Cette technique vous fera découvrir la larve vert pâle ou la nymphe plutôt brune.

 

Gilles Brillon
Juin 2010

 

La Casside dorée… ou la ruée vers l’or !

Partir à la recherche de la Casside dorée c’est comme se lancer à la recherche de pépites d’or! Son nom scientifique est Charidiotella sexpunctata bicolor et en anglais on la nomme Golden tortoise beetle. L’insecte est un petit coléoptère spectaculaire à voir. Son corps de forme plus ou moins ovale mesure de 5 à 8 mm de longueur. Avec sa tête maintenue cachée sous son corps, on dirait une mini tortue. L’adulte a le corps recouvert d’une couche de liquide visqueux et brillant. On croirait voir un insecte recouvert d’or.

Explorez les plants d’Ipomées que vous avez peut-être transplantées dans un pot ou une boîte à fleurs récemment. Leurs feuilles sont probablement criblées de petits trous que la larve a patiemment percés comme le montre la photo suivante prise chez moi vers la mi-juin. Plus tard, quand l’adulte émergera il poursuivra le travail amorcé par la larve. Plus le temps passera plus leur travail transformera la feuille en une dentelle remarquable.

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casside2

Pour trouver les adultes, il suffit d’examiner délicatement le dessous des feuilles d’Ipomées. La photo précédente nous montre la Casside dorée qui se prépare à percer une feuille afin de se nourrir. Le dessous de la feuille cache aussi des larves de couleur jaune à brun vers la fin mai début juin. Afin d’être moins appétissante au goût des prédateurs, elle se couvre d’excréments. On dirait de petites masses suspectes. Un peu plus tard, elles se fixeront au feuillage pendant leur transformation en adulte.

À noter que la meilleure façon de se débarrasser de cet insecte consiste à faire quelques cueillettes hebdomadaires afin de s’en débarrasser.

 

Gilles Brillon, juin 2010

 

Le Papillon tigré du Canada

Le Papillon tigré appartient à la famille des Papillonidés. Cette famille comprend des papillons de bonne taille et richement colorés. Au Québec, la plupart de ces papillons affichent majoritairement les couleurs jaune et noir. On peut les observer à loisir lorsqu’ils butinent sur les fleurs. Ils ont un vol puissant et rapide qui leur permet de rejoindre rapidement la cime d’un arbre et parcourir de longues distances. Leur vol est souvent plané. La faune québécoise en compte 5 espèces dont deux sont très communes: le Papillon tigré du Canada et le Papillon du céleri. Attardons nous quelques instants sur la première espèce que l’on rencontre au Lac Bowker vers la fin de mai et en juin.

Les oeufs du Papillon tigré du Canada sont hémisphériques et lisses. Seul un oeil attentif et chanceux réussit à en rencontrer sur la végétation dont les chenilles se nourrissent. Par exemples: le Cerisier de Pennsylvanie, le peuplier faux-tremble, le saule, le pommier, le bouleau et l’aulne.

Pour leur part, les chenilles se rencontrent plus fréquemment après de grands vents. Elles tombent souvent des arbres. Après sa naissance, la chenille se développe rapidement en passant par des stades larvaires de plus en plus gros. La chenille est verte et pourvue d’un organe glandulaire de défense nommé osmétérium situé sur son dos près de la tête en face de la première paire de pattes. À l’approche d’un ennemi, elle fait jaillir cet appareil qu’elle garde habituellement caché à l’intérieur de son corps. La forme de ce moyen de défense est allongé et fourchu.

chenille
La chenille

À l’automne, c’est-à-dire à la fin de son stade larvaire, la chenille cesse de manger et se transforme en chrysalide. Cette dernière passe l’hiver librement attachée à une branche ou sur la tige d’une plante hôte

chrysalide
La chrysalide

L’adulte se présente comme la figure qui suit. Il mesure 6 à 7 cm. C’est un très joli papillon très actif de la fin mai au début de juillet. Bien qu’il soit un papillon très commun, on le rencontre surtout dans les prés fleuris, les lisières de forêts mixtes, le bord des lacs et dans les villes. Le Papillon tigré du Canada n’a qu’une seule génération par année.

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Gilles Brillon, juin 2010.

 

Les Chrysops et les Taons

Au lac Bowker, la grande famille d’insectes piqueurs, que sont les Tabanidés, est surtout représentée par les Chrysops et par les Taons. Les femelles de ces insectes piqueurs se nourrissent du sang des oiseaux et des mammifères. Personne ne reste indifférent à la douloureuse piqûre qu’elles procurent à leur hôte! Tout comme les moustiques et les mouches noires, ces femelles ont besoin du sang pour nourrir les œufs qu’elles portent dans leur abdomen. Les larves de tabanidés vivent dans les endroits humides et marécageux où elles se nourrissent d’insectes et autres petits invertébrés.

 

Les Chrysops *

À peine plus gros qu’une mouche domestique, on appelle Chrysops les plus petits membres de la famille des tabanidés. Ce sont donc de petits taons. Au repos, ils ont les ailes étalées en forme de la lettre majuscule grecque Delta (Δ). Elles sont transparentes ou légèrement enfumées et munies d’assez grosses taches brun foncé et difformes. Elles ont de très beaux yeux fortement colorés et luisants.

chrysops

Au lac Bowker, la Mouche à chevreuil ou Frappe-à-bord (C. callidus), est la plus remarquée des chrysops. À la rigueur, on pourrait parler du « Taon du chevreuil », mais on utilise plutôt les deux précédents termes... Elle apparaît au début de l’été. C’est elle qui peut vous faire perdre patience en l’espace de quelques minutes en tournoyant autour de votre tête ne se décidant pas où se poser pour vous découper un morceau de peau! Elles sont fatigantes, exaspérantes, irritantes, énervantes, tenaces… mais ont de jolis yeux! À l’époque de leur apogée, elles peuvent être des dizaines à vous pourchasser dès que vous faites quelques pas dehors. Même les chevreuils se réfugient à l’orée du bois pour tenter de les éviter. Il est relativement facile d’en éliminer une en tapant vos deux mains au hasard au-dessus de votre tête. Armé de mes deux mains, j’en ai déjà tué 14 en faisant à peine 0,5 km sur le chemin Simoneau. Le malheur est que sitôt une mouche éliminée, deux ou trois autres apparaissent de je ne sais où!

Les Taons

Les taons sont les gros représentants de la famille des tabanidés. Ils mesurent entre 1,5 cm et 2 cm.  Le taon du cheval (Tabanis atratus) est parfois rencontré par ici. C’est une grosse mouche noire. Ses ailes sont plutôt transparentes et sans tache. Les taons sont beaucoup moins fréquents que les Chrysops. Il arrive cependant qu’ils se posent sur nos jambes et nous infligent une très douloureuse piqûre avec leurs pièces buccales adaptées pour découper le cuir! Notre premier réflexe sera suffisant pour en envoyer un directement dans une autre existence! Curieusement, le mâle se distingue de la femelle par ses yeux contigus alors qu’ils sont séparés chez la femelle.

taons

On confond parfois le taon avec le bourdon et le faux-bourdon. Le taon est un insecte solitaire qui ressemble à une grosse mouche.  Sa femelle est hématophage. Le bourdon est un insecte à corps velu et trapu. Son corps est marqué de bandes jaunes un peu comme celui de l’abeille. C’est un insecte qui vit en petite colonie.  Sur ce plan, ils se rapprochent des abeilles qui fondent de très grosses colonies. Les bourdons sont parmi les premiers butineurs de fleurs au printemps. Comme les abeilles, ils produisent du miel et comme elles, ils ne cherchent pas à nous piquer. On appelle « faux-bourdon » le mâle des abeilles. Il ressemble plutôt à une abeille ouvrière bien que plus gros. Il vit dans la ruche avec toute la colonie et n’y sort que pour accoupler la reine des abeilles. Donc, il est très rare de rencontrer un faux-bourdon en nature.

Gilles Brillon

* Ne pas confondre avec le nom de genre français « Chrysope» du latin Chrysopa, genre de la famille de l’ordre des Neuroptères. (Ex. : Chrysope aux yeux d’or) et « Chrysops» un nom de genre de la famille des Tabanidés dans l’ordre des Diptères. (Ex. : Chrysops callidus, pour la mouche à chevreuil).

 


La luciole ou mouche à feu
Quand j’étais plus jeune, je m’amusais à capturer des lucioles que je plaçais ensuite dans un bocal fermé d’un couvercle troué. Puis, à l’obscurité dans ma chambre, je restais émerveillé pendant de longs moments devant cette lampe artificielle vivante.

J’ai pensé longtemps que j’étais le premier à avoir inventé cette « veilleuse naturelle ». Jusqu’au jour où ma curiosité me conduisit à lire l’extrait bibliographique suivant extrait d’un livre datant des débuts de la colonie :

 « Mme de la Peltrie et Mlle Mance furent chargées d'orner l'autel où le père Vimont devait célébrer la messe. [...] à défaut de lampe et d'huile, on se contenta de suspendre devant le tabernacle une fiole remplie de ces mouches à feu très communes en Amérique, et qui projettent une lueur si vive et si claire. »

« Histoire populaire de Montréal depuis son origine jusqu’à nos jours. » p.11.
Montréal, Grangé Frères, 1890, 476 p

Les lucioles sont des insectes nocturnes qui vivent en bordure des forêts et dans les boisés. Ce sont des prédateurs d’insectes et de mollusques terrestres. Ils injectent dans leurs proies une substance toxique contenant des sucs digestifs qui liquéfient tous les organes internes de la proie. Ensuite, la luciole n’a plus qu’à aspirer les tissus partiellement digérés.

La Luciole, parfois appelée « ver luisant » mais plus souvent « mouche à feu » au Québec, n’est ni un ver et ni une mouche! En effet, le ver luisant (avec ses 3 paires de pattes),  est  plutôt la femelle d’un autre insecte voisin des coccinelles. Pour sa part, la mouche se distingue des autres insectes en ne comptant qu’une seule paire d’ailes.  La luciole en possède deux paires.

La première paire d’ailes couvre presque tout le corps. Elles sont plus ou moins rigides et se caractérisent par une ligne jaune qui descend obliquement du thorax vers l’extrémité de l’abdomen. Cette première paire d’ailes ou « élytres » protège et dissimule une seconde paire d’ailes membraneuses et plus ou moins transparentes qui permettent à ces insectes de voler.

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Il existe plusieurs espèces de lucioles au Québec. La Luciole de Pennsylvanie est toutefois l’espèce de « mouche à feu » la plus commune (voir photo ci-haut). Elle possède un corps allongé (12-15 mm) et mou.  La luciole n’est pas un insecte très spectaculaire. Son corps est brun foncé et tacheté de lignes jaunes ou orangées). C’est surtout la lumière émise par les 2 ou 3 derniers segments de son abdomen qui attire notre curiosité.

Les lucioles, comme la plupart des insectes plus évolués, passent par quatre stades au cours de leur vie : l’œuf, la larve, la nymphe et l’adulte.

Les œufs sont pondus sur le sol humide au début de l’été. Les larves (photo suivante) vivent tout l’été dans le sol à l’intérieur de logettes formées de débris organiques.

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Au début du printemps suivant, les larves sortent du sol pour se transformer en nymphes, puis, peu de temps après, en insectes adultes.

Au début de l’été, les lucioles émettent des signaux lumineux intermittents. Ces signaux permettent aux lucioles de reconnaître leurs partenaires sexuels par la fréquence des émissions de lumière. Il s’agit du phénomène de bioluminescence. La lumière émise au bout de l’abdomen est une lumière froide produite par un organe photogénique contenu au bout de l’abdomen. Donc, en prenant la bestiole dans vos mains, vous ne sentirez aucune chaleur émise par la lumière intense produite par la luciole. En observant la partie ventrale de l’insecte, on distingue nettement la zone luminescente à l’extrémité de l’abdomen. La luminescence est en fait une transformation d’énergie chimique provenant des aliments ingérés en énergie lumineuse. De nos jours, on rencontre quelques autres animaux (Ex. : poissons marins) qui font appel à ce phénomène biologique. Plusieurs chercheurs (Ex. en médecine) se servent de la bioluminescence pour marquer des cellules afin de mieux les repérer par la suite dans un être vivant.

Gilles Brillon


Les mouches noires
Lorsqu’arrive le printemps, les mouches noires nous apparaissent les insectes les plus abondants dans les régions boisées des Etats-Unis, du Canada et de biens d’autres pays du monde. Elles comptent des milliers d’espèces. Au Québec seulement, les scientifiques en auraient répertorié plus de 70 espèces.

Les simulies ou mouches noires sont de petites mouches trapues et arquées mesurant de 2 à 6 mm. Comme leur nom le suggère, elles sont souvent de couleur noire comme c’est le cas au lac Bowker mais ailleurs dans le monde d’autres couleurs comme le gris, le jaune et l’orangé peuvent dominer. La tête porte deux gros yeux dominants qui se touchent chez le mâle alors qu’ils sont nettement séparés chez l’autre sexe. Chez la femelle, les pièces buccales sont très coupantes et adaptées pour cisailler la chair et aspirer le sang.

On peut regrouper en quatre grandes familles les principaux insectes se nourrissant de sang :

Famille 1 : Les mouches noires
Famille 2 : Les moustiques
Famille 3 : Les taons, les frappe-à-bord, les mouches à chevreuil, mouches à cheval et mouche à orignal
Famille 4 : Les brûlots

La majorité des gens qualifient d’insectes piqueurs tous les insectes précédents. En réalité, seules les femelles des moustiques piquent vraiment avec leur bouche en forme de dard. Tous les autres insectes hématophages mordent. La « piqûre » de la mouche noire est donc une morsure. À l’aide de ses pièces buccales semblables à de petits bistouris, la femelle pratique une petite incision jusqu’à ce qu’un capillaire sanguin soit atteint. Elle injecte alors un anti-coagulant mêlé à sa salive puis boit le sang dont elle a besoin pour nourrir ses œufs.

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Au printemps, peu de temps après leur émergence, les adultes s’accouplent. Pour assurer un meilleur développement des œufs la femelle doit prendre un bon repas de sang avant chaque ponte. La ponte a lieu généralement dans les mares d’eau ou les petits ruisseaux printaniers. Certaines femelles volent au-dessus des mares d’eau et y laissent tomber leurs œufs qui coulent ensuite au fond. D’autres préfèrent les déposer en petits tas ou en chapelets sur des brindilles ou des roches qui émergent un peu de l’eau.

Quelques jours plus tard, la larve sort de l’œuf et se fixe sur un support (roche, branche, brindille…). Elle reste ainsi fixée jusqu’à sa maturité alors qu’elle atteint environ 1 cm. Pendant toute sa vie larvaire, la mouche noire se nourrit en filtrant de fines particules contenues dans l’eau. Comme le montre la figure suivante, la bouche de la larve est munie de deux espèces de brosses qui s’ouvrent comme des éventails près de sa bouche. En agitant ses deux petites brosses elle dirige l’eau vers sa bouche pour en filtrer de fines particules de nourriture.                  

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Parvenue à maturité, la larve qui a accumulé de fortes réserves de nourriture, commence à se transformer en nymphe. Elle porte une paire de branchies filamenteuses sur la tête lui permettant de respirer dans l’eau. La nymphe cesse de manger pour quelques jours avant d’émerger de l’eau sous forme adulte.

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Les mouches noires constituent une bonne et abondante source alimentaire pour de nombreuses espèces de prédateurs tant en milieu aquatique (zooplancton, insectes, poissons, têtards) qu’en milieu terrestre (oiseaux, insectes, grenouilles…). On pense que les femelles recherchent une source de sang d’abord par la vue. Elle est attirée par le mouvement, la forme et les couleurs de sa proie. Elle pourrait également détecter la présence de gaz carbonique produit par la respiration de sa proie. Certaines mouches noires semblent préférer le sang des oiseaux et d’autres des mammifères.

Les mouches noires mordent essentiellement le jour (surtout en début et en fin de journée). Si elles parviennent à entrer dans une pièce de la maison ou dans une auto, elle ne cherche plus à mordre mais plutôt à sortir. Si les mouches noires sont très actives le jour, elles se reposent le soir et la nuit. Il est sage de se protéger adéquatement durant la période d’éclosion en portant des vêtements adéquats. La durée de vie des mouches noires varie de quelques jours à quelques semaines (4) comme au Québec.

La morsure d’une mouche noire se présente sous une forme de marque ronde rose et gonflée et maculée de sang frais ou séché. Il faut éviter de la gratter à répétition car il y a risque d’infection. Certaines personnes sont plus sensibles que d’autres aux morsures. Les signes de réaction graves sont les suivants : enflure du visage, urticaire, changement de la voix, difficulté à avaler ou respirer, asthme, vomissements, perte de conscience. Il faut agir rapidement en appelant le  9-1-1.

Gilles Brillon



LAC BOWKER

ASSOCIATION DES PROPRIÉTAIRES RIVERAINS DU LAC BOWKER